Carbonisation au Sud-ouest du Burkina : des pratiques humaines qui mettent des espèces végétales en péril 

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La protection et la sauvegarde de l’environnement figurent en bonne place dans la constitution burkinabè adoptée en 1991. Malheureusement, les textes qui devaient soutenir cette sauvegarde sont foulés aux pieds par des pratiques de l’homme. C’est le cas à Batié, une commune urbaine de la région du Sud-ouest du pays où, faute de contrôles, la carbonisation effrénée a contribué à la disparition de certaines espèces végétales et partant, la dégradation de la biodiversité.

Face au chef de l’Etat, Pinyare Somé, chef canton de Batié, tient une occasion en or pour alerter sur un drame qui menace sa communauté. Nous sommes en avril 2019. La Journée nationale du paysan bat son plein. Le président du Faso de l’époque, Roch Marc Christian, reçoit des mains de l’autorité traditionnelle une pétition de la population. Ici, la disparition de certaines espèces végétales, notamment les Produits forestiers non ligneux (PFNL) inquiète tout le monde. Les causes sont connues : l’orpaillage et la production massive du charbon de bois connue sous le nom de carbonisation.

Trois ans après, rien n’a bougé. A l’en croire, la lettre de plaidoyer « dort » certainement dans un des bureaux de la présidence du Faso pendant ce temps, le couvert végétal se dégrade progressivement. « Je n’ai pas une connaissance pointue sur les questions environnementales, mais ce que je sais, si la région est bien arrosée, c’est grâce aux arbres. Malheureusement, les grands sont en train de disparaître parce qu’on les a abattus pour faire la carbonisation. Il y a dans la province des collines sacrées où on ne doit pas mener cette activité. Non seulement on abat les arbres de ces collines, mais on les carbonise dans ces lieux », déplore le chef de canton.

Chef de canton de Batié, Pinyare Somé « Il faut arrêter cet écocide »

En effet, du fait de la forte demande des ménages des grandes villes comme Ouagadougou (située à plus de 450 km)  et Bobo-Dioulasso (à plus de 275 km), la province du Noumbiel, particulièrement, la commune urbaine de Batié située dans le creux du Sud-ouest du Burkina Faso entre le Nord du Ghana et de la Côte d’Ivoire est devenue le centre de production de charbon de bois au détriment de nombreuses espèces ligneuses. Cette commune a une ressource forestière principale classée d’une superficie de plus 40 000 hectares. Elle est à cheval entre les communes de Kpuéré, de Boussoukoula et de Batié.

La monographie des espèces végétales locales de cette commune d’une superficie de 68 km2 (6 800 hectares) montre qu’elle est composée essentiellement de PFNL. Il s’agit du butvrospermum parkii (karité) et Parkia biglobosa (néré), du lannea microcarpa (raisinier), de l’adansonia digitata (baobab), du tamarindus indica (tamarinier), du detarium microcarpum (detar) et blizzia sapida (anacardier local). A ce lot s’ajoutent des espèces introduites depuis la colonisation comme le delonix reqia (flamboyant), le Khava seneqalensis (caïlcédrat), le camaldulensis (Eucalyptus) et l’anarcardium occidentale (anacardier). Ces espèces végétales sont plus abondantes dans les périphéries de la cité qu’à l’intérieur du fait de leur sélection par les populations à travers les coupes de bois.

Le charbon de bois était à un moment donné exporté frauduleusement dans des pays voisins selon le carbonisateur Franck Somé, malgré un arrêté conjoint du gouvernement datant d’avril 2004 portant  suspension de l’exportation du charbon de bois produit au Burkina Faso. Toute chose qui a suscité des cris de détresse de certains ressortissants de la localité sur les réseaux.  « Plusieurs camions chargés de charbon sont signalés chaque jour en provenance du Noumbiel pour la capitale Ouagadougou. Ce charbon proviendrait de la forêt classée » ; « Ils ont créé plusieurs sites clandestins de carbonisation avec la complicité des acteurs du domaine » ; « Laissons faire comme d’habitude et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer », peut-on lire sur les pages Facebook des internautes.

Des sacs de charbon à perte de vue stockés à la périphérie de la commune, attendant d’être enlevés pour desservir les grandes villes du pays

Ayant servi dans la province, un agent des eaux et forêts, qui a requis l’anonymat,     a eu maille à partir avec ses supérieurs pour s’être opposé à la carbonisation anarchique. « Dans la zone de Batié en allant à Kpéré, les producteurs abattent des arbres comme le karité frais pour les brûler. J’ai lutté contre le phénomène si bien que j’ai eu des problèmes avec des collègues sur le terrain. Quand je me suis opposé à la pratique, on m’a amené au garage (Ndlr : il a été affecté). J’ai fini par quitter la province pour ne pas avoir des  ennuis. Dans notre corps, il y a trop de brebis galeuses », témoigne-t-il.

Au regard du désastre causé au couvert végétal, le conseil municipal de Batié réuni en session ordinaire le 3 février 2018 sous la présidence du maire (115 conseillers présents sur 120), assisté des secrétaires de séance, a adopté par délibération, la suspension de la carbonisation du charbon de bois dans la commune. Selon l’ancien député Valaire Dah, conseiller municipal à l’époque, l’idée était de recadrer l’activité qui a causé beaucoup de dégâts à la nature. « Mais, à un moment donné, la suspension a été levée par le conseil municipal sous prétexte que la situation s’est régularisée parce que les services de l’environnement ont pris les choses en main », affirme le préfet du département de Batié Daouda Ganou, par ailleurs chargé de la présidence de la délégation spéciale de la commune (lors de notre passage le 21 juillet 2022). 

Les motifs de la carbonisation

Au cours d’un conseil municipal, une délibération N°2021-04/CBAT/CM portant autorisation de carbonisation de bois mort dans la commune et fixation de taxe par sac de charbon a été adoptée. Les motifs avancés comme le stipule le procès-verbal de session sont les suivants : « Une délibération portant autorisation de carbonisation avait été prise et permettait d’engranger des sommes importantes pour la commune. Cette délibération avait été supprimée suite à des rumeurs de carbonisation de bois frais. Toutefois, les activités de carbonisation se poursuivaient dans la clandestinité avec la complicité de certaines personnes sans qu’aucune somme ne soit versée. C’est pourquoi nous souhaitons avoir votre aval pour la reprise de ladite délibération et la fixation d’une taxe par sac de charbon ». Ainsi, la délibération a été adoptée par 105 conseillers au cours d’une session ordinaire du conseil municipal tenue les 6 et 7 avril 2021, sous la présidence du maire, assisté de ses secrétaires de séances cités plus hauts.

Les 6 et 7 avril 2021, les conseillers municipaux adoptent la reprise de la carbonisation au cours d’une session pour renflouer les caisses de la commune.

Pour l’agent des eaux et forêts qui a requis l’anonymat, l’activité de carbonisation à Batié engendre d’importantes recettes en termes de taxes, pour plusieurs acteurs, au point qu’elle n’est pas prête de s’estomper de sitôt. « Il y a un pourcentage qui revient à la commune, une partie va au service départemental de l’environnement et les groupements de gestion forestière reçoivent l’autre part », révèle-t-il.  

En ce qui concerne les recettes de la commune, la mairie de Batié prélève une taxe de 75 F CFA pour un sac de charbon d’une valeur de 1500 à 1800 F CFA acheté avec le carbonisateur, lorsqu’il doit être revendu. Dans la première moitié de l’année 2021, le service de recouvrement de la commune a fait une recette de 1 808 000 F CFA en termes de taxe sur la carbonisation. Au cours de cette même année, une autre délibération a fait passer la taxe du sac de charbon à 100 F CFA. En trois mois (entre le 12 octobre et le 31 décembre 2021), le service de recouvrement a fait une recette de 1 755 000 F CFA. 

Après avoir fait passer à 100 F CFA la taxe sur le sac de charbon, la commune a fait une recette de 1 755 000 F CFA en espace de trois mois.

Au total, la commune de Batié au titre de l’année 2021 a fait une recette de 3 563 000 F CFA. Une somme qui représente 02 % des recettes propres de la commune estimée à 180 millions de francs CFA. Quant aux sommes perçues par le service départemental de l’environnement et la coopérative villageoise, elles sont restées un mystère malgré les multiples démarches. Mais selon les confidences de l’agent forestier, la taxe perçue au-delà de dix sacs de charbon est de 600 F CFA l’unité. « Il y a la part du directeur régional qui prend 150 F CFA ; le directeur provincial reçoit 100 F CFA et la mairie prend 100 F CFA. Le reste de la somme revient au service de l’environnement », révèle-t-il. 

Si la taxe perçue a permis de renflouer les caisses de la commune, le service de l’environnement et des particuliers, le revers de la médaille est que la carbonisation a eu un impact considérable sur la biodiversité de la province. Cette localité boisée a fait place de nos jours à une végétation clairsemée constituée de clairières et de cultures.

Pour l’agent des eaux et forêts, l’activité de carbonisation a pris de l’ampleur ces quatre dernières années au point qu’il estime à des centaines d’hectares de superficies décoiffées d’arbres. Le directeur provincial de l’environnement du Noumbiel Ibrahim Arsène Thiombiano, précise par exemple que la superficie autorisée pour la coupe des « bois morts » dans le cadre de la production du charbon cette année (2022) a atteint 40 hectares, soit une équivalence de 56 terrains de football. « La carbonisation est une activité d’abord légale qui est encadrée par nos textes. On ne l’encourage pas. Mais, ce sont les textes qui le permettent. Un producteur agricole qui vient demander une autorisation de défricher, nous sommes dans l’obligation de la lui livrer. Il contribue aussi à la sécurité alimentaire. Si nous refusons de lui donner l’autorisation, il peut aller se plaindre », justifie-t-il. 

Dans son argumentaire, Ibrahim Arsène Thiombiano explique que la répartition des espèces dans la province selon l’inventaire forestier national fait état d’une densité moyenne de plus de 220 pieds à l’hectare. Lorsqu’une personne exprime le besoin pour défricher, les techniciens l’accompagnent quand il s’agit d’une production agricole. « Pendant le déboisement, nous conseillons de laisser 20 gros pieds à l’hectare. Ce sont les normes techniques. Lorsqu’il s’agit des sujets très jeunes, il faut laisser 40 à 60 pieds. Quand vous faites la différence 220 pieds moins 40 ou 60, vous allez vous retrouver avec une quantité énorme de bois », démontre-t-il.

Avec la carbonisation accélérée dans cette partie du Burkina Faso, c’est le grand massif forestier de Koulbi qui se retrouve dans l’œil du cyclone.

Les jeunes arbres non épargnés

Un exemple de site déboisé constaté à l’entrée de la commune sur l’axe Gaoua-Batié laisse voir que ces normes techniques ne sont pas respectées. En plus des arbres abattus conformément à la réglementation, les plus jeunes ne sont pas épargnés et ce, en violation flagrante de l’article 6 du cahier des charges de l’arrêté conjoint N°2006-007/MECV/MATD/SECU du 15 février 2006, portant fixation des conditions de production de charbon de bois au Burkina Faso. Cet article prescrit que : « la carbonisation est faite à partir du bois mort dans les zones non aménagées suivant les prescriptions d’un règlement d’exploitation et de gestion du site élaboré à cet effet ». En effet, dans le but de précipiter la mort de ces jeunes arbres, les carbonisateurs mettent soit du feu ou des produits chimiques au pied de ces arbustes. « En espace de trois jours, les feuilles de l’arbre commencent à sécher. On pense qu’il est en train de mourir et on l’abat », confie le protocole du chef de canton de Batié Sanwolo Somé.

A l’image de ce site, ils sont nombreux ces points de carbonisation dans la commune de Batié faute de réglementation. @POO

Répondant à la question de savoir si les agents des eaux et forêts ne seraient pas des acteurs clés dans l’activité de carbonisation, le directeur provincial de l’environnement du Noumbiel s’inscrit en faux. Pour lui, ce sont les populations qui appellent et s’entendent avec les carbonisateurs. « Ils (les carbonisateurs, Ndlr) payent quelque chose aux propriétaires terriens. Par endroit, ce sont les chefs qui reçoivent de l’argent. Dans certains villages, des groupements ont témoigné que c’est souvent avec cet argent qu’ils réparent certaines structures socio-économiques telles que les forages et bien d’autres. Ce n’est pas le forestier qui fait la carbonisation », dément-il. 

Qu’à cela ne tienne, la transformation du bois en charbon a considérablement affecté l’environnement physique de la localité si bien que certaines espèces végétales sont menacées de disparition. À en croire notre source du service des eaux et forêts, c’est le cas des produits forestiers non ligneux (produits de l’alimentation, pharmaceutiques, ornementaux, manufacturés et les matériaux) à savoir le karité, le Detarium microcarpum, les espèces médicinales (Daniellia oliveri, Afzelia africana, Detarium microcarpum) et bien d’autres espèces comme le caïlcédrat et le bois de vène.

L’importance socio-économique des PFNL     

Le document de la stratégie nationale de développement de l’accès aux produits forestiers non ligneux (PFNL) aux marchés de la direction générale de l’économie verte et du changement climatique du ministère de l’Environnement publié en juin 2018 indique que l’emploi total généré par les activités de collecte et de transformation des PFNL dans l’ensemble du pays est de 566 353 emplois ouvriers dont 387 694 féminins et 178 659 masculins. Pour ce qui est des filières issues de neuf espèces étudiées avec le karité le plus exploité, la valeur ajoutée totale des produits commercialisés est de 271,85 milliards de francs CFA, représentant 3,85% du Produit intérieur brut (PIB) national. « En 2016, le Burkina Faso a été classé 6e  pays exportateur des amandes de karité, avec une part de marché de 4,5%, le Danemark ayant été le premier pays destinateur de ces amandes avec 67,7% des quantités exportées », dit le document. 

La vision à l’horizon 2028 de la stratégie est de faire en sorte que « le commerce de ces PFNL génère des revenus durables au profit des populations locales et participe à leur résilience face aux changements climatiques ». Quoique conscient qu’il y a un risque que ces espèces disparaissent et compromettent la capacité à promouvoir les PFNL tels que le karité qui est emblématique par son amande et son beurre pour le Burkina Faso, le directeur régional en charge de l’environnement du Sud-ouest Evrard Kirsi Ouédraogo assure qu’il y a encore du potentiel à carboniser au regard de la forte demande des grandes villes. « Pourvu qu’on ait la possibilité d’encadrer cette activité et d’éviter qu’elle soit anarchique comme nous le constatons aujourd’hui », prévient-il.

Selon les textes qui régissent la carbonisation à Batié, la taxe qui revient aux groupements de gestion forestière   devrait servir à initier des activités contribuant à la restauration du couvert végétal, notamment le reboisement. Les groupements des différents villages de la commune produisent des plants et identifient des sites. Afin de maintenir l’équilibre écologique, chaque année avec le budget issu de la taxe, ces groupements sont invités à planter des arbres. Le suivi se fait entre le service départemental de l’environnement, la mairie et les groupements, pour évaluer le taux de réussite.

Malheureusement dans la pratique, comme le reconnaît le préfet du département de Batié Daouda Ganou, les arbres sont beaucoup plantés, mais il n’y a pas de suivi. « Ce qui nous amène à un éternel reboisement », se résigne-t-il. Le directeur provincial de l’environnement du Noumbiel explique cet état de fait par la divagation des animaux. « Nous conseillons aux paysans d’attacher leurs animaux pendant les saisons sensibles. Vous voyez, nous sommes dans une province où il n’y a même pas une seule fourrière. Au-delà de cela, il y a les feux qui peuvent emporter ceux que nous avons déjà mis en terre », déplore Ibrahim Arsène Thiombiano.

Directeur provincial de l’environnement du Noumbiel, Ibrahim Arsène Thiombiano.

Le responsable du groupement de gestion forestière   de Gangalma (un village de la commune de Batié) Edmond Dah, insiste que son village n’a pas organisé de reboisement depuis deux ans. Les plantations d’arbres organisées les années antérieures, précise-t-il, sont des initiatives des politiciens.  En ce qui concerne le budget alloué pour le reboisement, le président du groupement Jérémie Hien confirme que le service des eaux et forêts verse régulièrement une partie de la taxe. En revanche, il déclare ne pas connaître le montant qui est versé dans le compte de la structure parce qu’il n’est pas associé dans la répartition du montant. Dans le même ordre d’idées, certains groupements des villages pensent être lésés dans la répartition du montant. C’est le cas de Edmond Dah qui est on ne peut plus clair. « On ne voit rien et on n’entend rien de tout ça », lance-t-il. 

Le moins que l’on puisse dire, la commune de Batié et le service des eaux et forêts se frottent présentement les mains, parce que la taxe générée par l’activité de carbonisation permet de renflouer leurs caisses. Cependant, ces deux entités sont dans l’incapacité d’assurer un contrôle efficace de l’activité et d’assurer une bonne exécution du reboisement imposé par les textes afin de freiner l’écocide des arbres. Toute chose qui est en contradiction avec le code forestier qui vise à établir une articulation harmonieuse entre la nécessaire protection des espèces végétales et la satisfaction des besoins économiques, culturels et sociaux des populations de la localité.

Enquête réalisée par Paténéma Oumar OUEDRAOGO avec l’appui de la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO)

Encadré : A qui profite cette situation ?

Au Burkina Faso, la majorité de la carbonisation a une forme familiale où les populations produisent le charbon, pour l’écouler par la suite. Avec la forte demande en charbon, les producteurs approchent les services des eaux et forêts pour obtenir des permis pour s’adonner à la carbonisation. Au regard de l’engouement des producteurs et la pression de plus en plus croissante sur les ressources végétales avec les coupes abusives du bois et les conséquences sur l’environnement, le pays des Hommes intègres a pris des arrêtés pour  réglementer l’activité. 

C’est ainsi qu’en 2005, un arrêté N°05-028//MECV/MATD/SECU du 15 juillet 2005 portant suspension de la production du charbon au Burkina Faso, a été pris. Son objectif était de réorganiser la filière en prenant des mesures pour améliorer l’environnement écologique, législatif, technique, organisationnel et économique de la production et  la commercialisation du charbon de bois sur toute l’étendue du territoire national.

C’est dans ce cadre que 50 sites de production de charbon ont été autorisés en 2006 dans 46 communes des régions suivantes : Sud-Ouest, Cascades, Hauts-Bassins, Boucle du Mouhoun, Centre-Ouest, Centre-Sud, Centre-Est, Plateau central et de l’Est. Un autre arrêté N°2008-019/MECV/SGDGCN du 21 mars 2008 portant liste des sites autorisés pour la production du charbon de bois au titre de l’année 2008 avait été pris par le ministère de l’Environnement. A partir de cet arrêté, chaque année, le ministère devait désigner des sites pour la carbonisation par région, par province et par département, pour renforcer davantage la réglementation de la carbonisation. Malheureusement, cette mesure n’a duré que le temps d’une année. 

En effet, depuis 2008 jusqu’à ce jour, aucun arrêté n’a été pris pour 2009 et pour les années qui ont suivi. Conséquence, l’anarchie s’est installée si bien qu’il suffit qu’une tierce personne manifeste le besoin d’une autorisation de carboniser et le désir est exaucé au nom du droit de prélever sur les forêts. Dans l’optique de faire un diagnostic sur le potentiel et les possibilités ou non de poursuivre la carbonisation, le ministère de l’Environnement avait commandité une étude conduite par l’inspecteur des eaux et forêts Cécilia Somé aujourd’hui à la retraite. 

Ce rapport sur la biomasse-énergie (charbon de bois) devait permettre au département de prendre une décision sur l’activité de carbonisation. Un passage du rapport fait ressortir que : « La demande en bois-énergie a été identifiée comme l’un des principaux facteurs directs de déforestation et de dégradation de forêts au Burkina Faso. Il s’avère donc nécessaire de maîtriser ses tendances ainsi que les facteurs explicatifs de ses tendances, d’évaluer les effets et les impacts de cette demande sur les ressources forestières et le bilan du carbone au-dessus et en dessous du sol avant de dégager les axes stratégiques pour supprimer ou réduire ses effets et impacts ». Jusqu’à ce jour, aucune décision n’a été prise. D’où la question à qui profite cette situation ?

POO

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