Burkina Faso – Massacres de Yirgou : 2 ans après les tueries, la justice se fait toujours attendre

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Il y a deux ans le Burkina enregistrait 49 (officiel) morts et 216 selon le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation (CISC) dans la crise communautaire à Yirgou, région du centre nord. Malgré l’horreur indescriptible, jusqu’à ce jour, il n’y a toujours pas eu de justice dans cette affaire. Les criminels courent toujours, aucun procès ni une communication appropriée sur le drame du 1er et 2 janvier 2019. À ce jour, treize personnes ont été mises en examen dont onze en détention et deux en liberté.

Qu’est ce qui bloque l’avancée judiciaire de ce dossier ? Que deviennent les populations victimes de ce massacre ? Y aura-t-il jugement un jour ? Voilà autant de questions qui ont suscité cette enquêtede la Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) en collaboration avec Libreinfo.net sur le drame de Yirgou, en voie d’être qualifié de génocide par la justice.

Tout commence le 31 décembre 2018 par l’assassinat de six personnes dont Kouka Sawadogo, conseiller municipal et chef coutumier du village de Yirgou (situé dans la commune de Barsalogho, province du Sanmatenga, région du Centre-Nord) par des hommes armés. S’en est suivi le 1er janvier 2019, des représailles des groupes d’autodéfense de la localité pendant trois jours, contre la communauté peule, accusée de complicité avec des terroristes. Le bilan officiel est de 49 morts.

Chiffres bien supérieurs, selon le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC), né de l’évènement, qui évoque 216 morts. Dans une interview accordée à Libreinfo.net le 20 décembre 2019, le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Kaya, Abdoul Kader Nagalo, reconnaissait que les évènements de Yirgou ont fait 50 morts et 66 personnes portées disparues. « Les officiers de police judiciaire (OPJ) chargés de l’enquête ont constaté par eux-mêmes 50 corps. En plus de cela, 66 personnes ont été portées disparues selon les informations lors des auditions au niveau de la brigade territoriale de la gendarmerie de Barsalogho », avait-il déclaré.  Des chiffres qui diffèrent de ceux annoncés par le gouvernement.

Les pressions pour réclamer la justice

Face au drame, l’urgence était de soigner les blessés, reloger les rescapés. Ensuite, il fallait faire la justice. Tous les regards sont alors tournés vers le gouvernement et la justice. Des manifestations pour réclamer justice fusent de partout. L’indignation se manifeste à travers le pays.

L’action judiciaire annoncée par le gouvernement burkinabè le 4 Janvier 2019 est toujours en cours deux ans après. Des manifestations se tiennent pour réclamer justice. Le samedi 5 janvier, pendant que le CISC animait une conférence de presse pour annoncer une grande marche, le chef de l’État Roch Kaboré se rend à Yirgou pour réconforter les habitants. « Absolument rien ne peut justifier cette violence meurtrière », avait déclaré le président du Faso devant ses interlocuteurs à Yirgou.

Une action très critiquée. « Les faits sont graves et le président du Faso a mis cinq jours pour se rendre sur les lieux. En plus, il demandait la permission pour s’adresser aux Koglweogo (groupes d’autodéfense) », s’indigne Mélégué Maurice Traoré, personnalité politique, ancien Président de l’Assemblée nationale (1997 à 2002).

Des organisations de la société civile, notamment les structures de défense de droits humains, dont le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) jusqu’à l’opposition politique, la pression s’amplifie pour réclamer justice.

Une grande marche est organisée par le CISC le 12 janvier 2019. Plusieurs personnalités politiques participent à la manifestation. Mélégué Maurice Traoré dit marcher pour la première fois de sa vie. « Dans ma vie politique, je marchais rarement. C’était vraiment la première fois, car toutes les fois que mon parti marchait, j’étais en voyage. Cette fois, j’ai estimé qu’on ne pouvait pas laisser passer. J’ai tenu à participer à la marche en estimant que ce qui s’était passé était suffisamment grave pour justifier que je donne un tel signal ; quoique la question terroriste est déjà grave en elle-même. Il ne faut pas en rajouter, surtout que ça prenait la tournure de la stigmatisation des peulhs », avait-il confié aux médias.

Me Gilbert Noel Ouédraogo, président du parti politique ADF/RDA, est membre de l’opposition. Indigné, il participe lui aussi, à la grande marche de protestation contre le drame de Yirgou. L’opposition politique se saisit de la question. Elle réclame justice. À l’entrée du siège du Chef de file de l’opposition, un tableau, telle une horloge, est accroché. Le temps de la justice pour Yirgou est désormais quotidiennement compté.

La vie et les attentes des victimes

Nourrisson dans ses bras, pagne entier noué sur la tête, collier blanc au cou, visage peu crispé Mariam, 38 ans, est une rescapée du massacre de Yirgou. Nous l’avons rencontrée à quelques encablures du site des personnes déplacées internes de Kaya, ce 28 décembre 2020. Elle s’est retrouvée à Kaya au lendemain des évènements dramatiques. « Quand j’entends Yirgou, ça me bouleverse et les scènes macabres que j’ai vécues en live commencent à défiler dans ma tête », soupire-t-elle.

Dans cette narration la main sur le front, elle s’étouffe. Elle pleure. Quelques instants après, elle se retrouve et poursuit : « On a abattu mon beau-frère, les membres de sa famille sous mes yeux… Je ne souhaite plus me souvenir de ça ». Elle fond en larmes de nouveau. Elle ne souhaite plus, quel que soit ce qui adviendra, repartir à Yirgou. Ce qu’elle attend de tout son cœur, c’est le jour où elle verra les auteurs du massacre leur expliquer les vraies causes de leurs actions qu’elle peine à qualifier. Ce sera le plus beau cadeau que le gouvernement et la justice puissent leur offrir, dit-elle. Sa vie se déroule plus ou moins bien à Kaya contrairement à sa sœur très souffrante à Barsalogho.

Comme elle, Adam et Adama, tous deux avoisinant la soixantaine. Ces rescapés ont toujours les tristes évènements en tête : « Nous avons perdu tous nos bétails. Nous n’avons plus rien si ce ne sont nos vies ».  Ils confient avoir été auditionnés par des enquêteurs à leur arrivée à Kaya. Mais depuis lors, plus rien. Ils ne savent pas non plus à quel niveau se situe le dossier. Néanmoins, ils souhaitent ardemment que la justice soit rendue.

Au niveau du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC), la lutte continuera jusqu’à ce que le procès se tienne, foi du Dr Daouda Diallo, Secrétaire général du collectif. L’un de leurs souhaits qui se réactualise à chaque anniversaire de cette tuerie, c’est de voir le gouvernement reconsidérer sa position par rapport à cet évènement malheureux, notamment le bilan officiel que le collectif trouve jusque-là irréaliste.

Les actions judiciaires

Suite au massacre de Yirgou, deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes par le Parquet du Tribunal de grande instance de Kaya. La première pour élucider les faits sur l’assassinat du chef de Yirgou et les membres de sa famille. Cette enquête n’a pas permis d’identifier les présumés auteurs.

La dernière est liée au massacre des membres de la communauté peule.  Cette enquête a permis de décerner un mandat d’amener contre tous ceux qui avaient été identifiés dans cette affaire. « L’exécution de la sentence de ces mandats d’amener relève de la police judiciaire. À ce jour, 12 personnes dont des chefs Koglweogo ont été mis en examen et des mandats d’amener est à leur encontre. Nous avons décerné en tout 180 mandats d’amener. Seulement 12 personnes ont été pour le moment interpellées », déclarait le 20 décembre 2019 à Libreinfo.net, Abdoul Kader Nagalo, alors procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Kaya. Une bonne partie de l’opinion publique avait qualifié les faits de Yirgou de génocide mais pour le procureur Nagalo, l’information est en cours.

A la date du 20 décembre 2020, « treize (13) personnes sont mises en examen pour le moment et onze (11) sont toujours en détention à ce jour », précise le nouveau Procureur du Faso près le TGI de Kaya, Ahandi Ouoba.

Les mis en examen sont poursuivis pour les « chefs d’accusation de génocide, d’assassinats, de coups et de blessures ayant entraîné des blessures permanentes, de destructions volontaires de biens aggravées, de menaces sous conditions, de détentions illégales d’armes à feu et de munitions, de recel de cadavres, de vols aggravés et de toutes autres infractions que l’information viendrait à révéler ».

A la date du 20 décembre 2019, le juge d’instruction avait pu auditionner une quarantaine de personnes, parties civiles et témoins, en plus des 12 personnes arrêtées et détenues à la Maison d’arrêt de Kaya. Les auditions se poursuivent selon Me Ambroise Farama, avocat de la partie civile, interrogé le 28 novembre 2020, à Ouagadougou.

L’instruction du dossier suit son cours et avance bien, rassure l’actuel Procureur Ouoba. Il indique que beaucoup d’actes essentiels à la manifestation de la vérité ont été posés par le juge d’instruction. « Il s’agit notamment des interrogatoires au fond, des confrontations, des auditions de victimes et témoins, etc. En plus des 180 mandats d’amener lancés par le Procureur du Faso avant la saisine du Juge d’instruction, des mandats d’arrêt ont également été lancés par le magistrat instructeur au cours de l’information et nous attendons leur exécution. », déclare le magistrat Ouoba.

L’autre fait dans le dossier judiciaire de Yirgou, qui n’est pas à négliger, c’est l’arrestation du chef Koglweogo de Boulsa, Boureima Nadbanka, poursuivi, entre autres, pour « génocide, recel de cadavres, crime de sang, détention illégale d’armes à feu, assassinat, coups et blessures volontaires » en décembre 2019. Il est par la suite transféré à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) le 24 décembre 2019, contrairement aux autres interpellés, dont le dossier est au Tribunal de grande instance de Kaya, chef-lieu de la province du Sanmatenga. A la MACO, le mis en examen passe moins de deux mois. En effet, Boureima Nadbanka bénéficie d’une mise en liberté le mardi 4 février 2020.

Le principe de l’indépendance signifiant pour lui que, « personne ne peut influencer tes choix et tes décisions »

Selon Me Ambroise Farama, avocat des victimes, il a été libéré suite par suite de la pression de la rue : « Selon la notification que j’ai reçue, il a été libéré sous le prétexte que les manifestations qui résulteraient de son arrestation créeraient plus de troubles. Donc, c’est dans le souci de l’apaisement du climat social ». On se souvient que son arrestation avait entraîné des manifestions allant jusqu’aux barricades de la route Koupéla-Ouagadougou pendant plusieurs jours. Selon toujours l’avocat des victimes, telles que les choses se déroulent, c’est l’indépendance de la justice qui est remise en cause. Le principe de l’indépendance signifiant pour lui que, « personne ne peut influencer tes choix et tes décisions ».

Pour Mélégué Maurice Traoré, c’est à l’État de garantir à la justice toute la sécurité et les conditions qu’il faut pour travailler en toute indépendance. « C’est la responsabilité de l’État de prévenir les perturbations. Si quelqu’un a tué, on va le libérer parce que si on ne libère pas, les gens vont manifester ? Parce qu’il est populaire ? Non ! Ce n’est pas un bon argument », lâche-t-il indigné. Si l’État veut être crédible, « en aucun moment, il ne doit se laisser impressionner par la rue ou se montrer faible. Car l’État est préparé pour gérer les perturbations », soutient-il.

Mais du côté de la justice, le Procureur du TGI de Kaya, M. Ouoba, clame toute l’indépendance dans le traitement du dossier : « Nous avons les mains libres pour mener à bien le dossier », affirme le magistrat. Le dossier implique des Koglwéogo qui seraient difficiles à maîtriser, selon certaines langues. Ce qui compliquerait son traitement. Mais le Procureur se veut clair : « Les Koglweogo sont des citoyens comme tout le monde ».

Quant à « la libération sous pression » de certaines personnes qui seraient impliquées dans le dossier, le Procureur Ouoba explique : « Dès lors que le juge d’instruction estime que la détention d’un mis en examen n’est plus nécessaire pour la suite de l’information, il l’élargit ».  Il ajoute qu’à ce jour, « deux personnes ont été élargies. Elles l’ont été parce que le juge d’instruction, au regard de l’évolution du dossier, a estimé que leur détention n’était plus nécessaire ».

En plus du chef Koglweogo de Boulsa, une autre personne a été libérée, ce qui porte à deux, le nombre de personnes élargies. « Elles l’ont été parce que le juge d’instruction, au regard de l’évolution du dossier, a estimé que leur détention n’était plus nécessaire », explique le procureur Ouoba.

Le maire de la commune de Barsalogho (qui abrite un nombre important de déplacés internes dont les victimes de Yirgou), Abdoulaye Pafadnam, évoque la rareté des témoins car, se souvient-il, il y avait certains conseillers de sa commune qui n’arrivaient pas à répondre aux convocations de la justice, parce que recherchés par des « terroristes ». Il souhaite que « ce dossier soit clôturé afin de pouvoir entamer la réconciliation nationale pour souder le tissu social ».

Yirgou,campement peul détruit par le conflit intercommunautaire du 1er janvier 2019

Les entraves à la tenue du procès

Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer la lenteur dans le traitement du dossier, deux ans après les événements. Selon l’avocat des victimes, Me Ambroise Farama, les entraves peuvent être situées au niveau de l’instruction du dossier. Au-delà de la dispersion des victimes et des témoins, « le juge d’instruction ne se sent pas en sécurité à Kaya. La preuve, c’est que certaines auditions se déroulent à Ouagadougou. Il y a aussi la résistance des groupes d’autodéfense. Quand on convoque un Koglwéogo, ils viennent à 10, 20, 30 », déplore l’avocat. Il rappelle que le juge continuait les auditions « jusqu’en juin 2020 ».

Mais en croire le procureur Ouoba, certaines auditions se font à Ouagadougou pour éviter les risques. Pour lui, la capitale du pays offre plus de sécurité « en matière de détention car en plus de la MACO, on a la prison de haute sécurité ».

Pour que le dossier Yirgou soit bien instruit, foi de l’avocat de la partie civile, il faudrait une enquête administrative pour situer certaines responsabilités au niveau de l’armée, notamment pourquoi la communauté peule a été réprimée pendant trois jours, sans que l’armée n’intervienne alors que l’information circulait. « Ils ont toujours dit qu’il y a une enquête administrative pour situer les responsabilités : qu’est-ce qui n’a pas fonctionné dans le dispositif sécuritaire ? On n’a jamais vu les résultats de cette enquête », soutient l’avocat.

L’ancien procureur du Faso près le TGI de Kaya, Abdoul Kader Nagalo, qui a été affecté ailleurs, relevait en 2019, les difficultés d’ordre matériel, humain et financier pour conduire l’enquête. « Tenez-vous bien, les parties civiles et témoins qui comparaissent sont démunies de presque tout. Lorsqu’elles défèrent aux convocations du juge d’instruction, ils n’ont ni logement, ni nourriture, ni de quoi assurer leur transport puisque la plupart d’entre eux, sont des déplacés. C’est nous-mêmes entre collègues qui cotisons pour leur prise en charge », confiait-il à Libreinfo.net le 20 décembre 2019.

Les mêmes problèmes persistent aujourd’hui selon le procureur Ouoba. Au-delà des difficultés d’avoir les victimes et les témoins pour les auditionner, parce que dispersés sur le territoire sans adresses connues, il y a les problèmes financiers. Il y a « le manque de moyens financiers pour certains afin d’assurer leur transport et leur repas lorsqu’ils sont convoqués par le juge d’instruction ».

Parlant des difficultés d’ordre humain, le procureur rappelle que l’effectif des magistrats dans tout le pays tourne autour de 500 personnes. Dans les zones qui relèvent du Tribunal de Grande Instance de Kaya, « on a un seul juge d’instruction qui est chargé d’animer les cabinets d’instruction. Et dans son cabinet, il a naturellement plusieurs dossiers », explique-t-il.

La complexité de certains dossiers constitue un autre frein

Les textes de lois expliquent aussi cette lenteur, poursuit-il. L’article 261-1 du Code de procédure pénale dispose que l’instruction préparatoire est obligatoire en matière de crime. Ce qui signifie, selon M. Nagalo, que lorsque vous avez affaire à un crime, vous devrez saisir le juge d’instruction et dans ce cadre, la loi confère des droits à toutes les parties qui peuvent faire des demandes ou des recours, qui peuvent faire appel devant la Chambre de l’Instruction, ce qui ne facilite pas la tâche du Procureur. « De notre côté, si nous ne sommes pas d’accord avec la décision que rend le juge d’instruction dans son cabinet relativement à la mise en liberté d’un mis en examen, nous avons la possibilité de faire appel de la décision devant la Chambre de l’Instruction afin que celle-ci tranche », explique-t-il.

La complexité de certains dossiers constitue un autre frein, selon le magistrat. Pour le cas de Yirgou, explique le procureur, il y a 180 personnes identifiées formellement. Le nombre de témoins, le volume du dossier et le procès-verbal d’enquête qui fait 174 pièces et chaque pièce faisant deux (02) copies, « vous constaterez qu’il est vraiment complexe », conclut-il.

Il y a également certains témoins, notamment les conseillers municipaux qui n’arrivent pas à déférer aux convocations du juge d’instruction. Ils estiment que la situation sécuritaire ne leur permet pas de répondre aux convocations du juge parce qu’ils sont recherchés par des individus armés non identifiés, expliquait M. Nagalo.

Il relève enfin un problème financier. En effet, le budget affecté à la justice de Kaya pour cette enquête est malheureusement à la disposition de la direction des affaires financières du ministère de la Justice. Ce qui ne facilite pas, selon le procureur, la tâche du juge d’instruction. Il avait souhaité que ce soit mis à la disposition du greffe du TGI de Kaya.

La lenteur du dossier Yirgou n’est pas seulement liée à la volonté des juges, estime le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC). C’est pourquoi le 10 janvier 2020, le collectif a observé un sit-in devant le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou pour soutenir les acteurs de la justice.

Pour Dr Daouda Diallo, secrétaire général du CISC, la volonté politique dans ce dossier n’est pas à la hauteur et les acteurs de la justice qui font déjà des efforts doivent être encouragés. Il confie avoir été entendu, le 25 novembre 2019, « par le Tribunal de Grande Instance de Kaya, précisément par le juge d’instruction par rapport aux éléments d’information et de preuve » qu’il avait sur le dossier Yirgou, afin d’aider à la manifestation de la vérité pour soulager les victimes qui attendent depuis très longtemps.

Pour lui, le dossier est entre les couloirs de la justice, dans les mains des différents acteurs : le procureur et le juge d’instruction, qui continuent toujours à auditionner les parents des victimes, les victimes elles-mêmes, les mis en examens et à traquer les personnes recherchées.

À ce stade de la procédure, le souhait de tous, c’est de voir le procès se tenir avant le troisième anniversaire du drame en 2022. C’est le souhait aussi du Procureur du Faso qui relève qu’en matière de justice, la date du jugement ne dépend pas d’eux mais de « l’évolution du dossier ».

Par Siebou Kansié

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