Le rapport de la Commission d’enquête parlementaire fait état de cas de grande corruption au plus haut niveau de l’Etat dans la gestion du projet de mine de Tambao. Le projet a connu des retraits et des réattributions entre plusieurs investisseurs sans raisons officielles. 

Le contrat a d’abord été accordé à Wadi Al Rawda et retiré, pour être réattribué à la société GNI. Le même scénario intervient avec cette dernière et le projet est réattribué à l’entreprise PAN/PAT/PAB du sulfureux Franck Timis. 

La commission affirme dans un premier temps « ignorer » les raisons des différents retraits au profit de la société PAN/PAT/PAB avant d’indiquer que  des « raisons profondes laissent transparaître une forte odeur de corruption et de trafic d’influence ». En creusant davantage, les députés obtiennent « des informations récurrentes… sur des faits de corruption ». Un montant est constant : « par exemple des versements d’importantes sommes d’argent jusqu’à 5 milliards de FCFA ». 

Les présumés corrupteurs et corrompus sont nommément cités. Les 5 milliards sont versé par «Mr Franck Timis » au « Conseiller spécial du Président du Faso d’alors, Mr François Compaoré, ou à des ministres ». D’ailleurs, les parlementaires avaient recommandé au gouvernement l’ouverture d’une information judiciaire sur le dossier TAMBAO contre les anciens ministres des Mines et des Finances que sont respectivement : Abdoul Kader Cissé et Lucien Noël Bembemba ainsi que François Compaoré, et des poursuites judiciaires contre Franck Timis, ancien P-DG de PAN/PAB/PAT « pour faits de corruption ».

Par ailleurs, il faut noter que la population burkinabè pensent majoritairement que le secteur minier est fortement gangréné par la corruption. C’est ce qui ressort  du rapport d’enquête du Réseau National de Lutte Anti-corruption de 2014 sur « Les perceptions et présomption de la corruption dans le secteur minier au Burkina ». En effet, selon cette étude, les « données montrent que pour la majorité des enquêtés (62,34%), la corruption est, sans conteste, importante dans le secteur des mines au Burkina Faso ».