Toutefois, la réalité du terrain est tout autre dans la mesure où le taux de superficie forestière classée actuellement représente 14 % du territoire national, selon les données du ministère de l’Environnement, de l'Économie verte et du Changement climatique. Il est en dessous des normes internationales qui préconisent que chaque pays classe au moins 30 % de son territoire en aires de conservation pour un meilleur équilibre socio-écologique. 

«Au Burkina Faso la déforestation est estimée à 100 000 ha par an. Le reboisement annuel couvre environ 10 000 ha. L’écart est donc estimé à 90 000 ha par an »

Dans l’optique d’accompagner les orpailleurs du Sud-ouest, l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées (ANEEMAS) a mis en place des bureaux dans les quatre provinces  de la région. Fonctionnelles depuis mai 2019, ces représentations ont, entre autres, pour missions de contribuer à minimiser les impacts négatifs de l’exploitation artisanale sur l’environnement. Il s’agira pour elles, de façon concrète, d’organiser les orpailleurs, de restaurer les sites dégradés et de surveiller l’environnement. 

 

Selon l’agent du bureau de l’agence de Gaoua, Raoul Kadéwa,  l’ANEEMAS a fourni cette année plus de 1 000 plants aux orpailleurs de la région pour reboiser les forêts dégradées. Si cet acte constitue un élan vers la restauration du couvert végétal, il ne saurait être une solution définitive. Dans une analyse des conséquences du non-respect des obligations environnementales dans le domaine de l'exploitation minière, l’environnementaliste Gertrude Marie Mathilda Coulibaly/ Zombré fait la remarque suivante : «Au Burkina Faso la déforestation est estimée à 100 000 ha par an. Le reboisement annuel couvre environ 10 000 ha. L’écart est donc estimé à 90 000 ha par an ». Il va donc falloir qu’au-delà des reboisements il y ait une évaluation environnementale avant l’ouverture d’un site d’orpaillage pour donner une chance de survie aux forêts classées.