Le dénominateur commun entre tous ces groupes (Emirat du Sahara, Al-Mourabitoune, Ançar Dine et sa brigade dans le Macina) c’est qu’ils utilisent la population locale pour parvenir à leurs fins. Celle-ci, n’ayant d’autres recours et surtout craignant des représailles, se soumet au diktat de ces groupes radicaux. Ces derniers n’hésitent pas à s’en prendre directement aux civils soupçonnés de collaborer avec les forces loyales. Très souvent, leurs corps mutilés sont exposés dans des places publiques afin qu’ils servent d’exemple de dissuasion aux autres. On se rappelle le cas d’un ex-caporal de l’armée malienne répondant au nom de Hama Ag Sidi Mohamed enlevé en septembre 2015 et dont la tête a été exposée au marché de Zouera, localité relevant de la région de Tombouctou. Il existe plusieurs cas de ce type rapportés par les médias au Mali. Selon Studio Tamani, en mars 2015, un fait similaire s’est produit lorsque des individus se réclamant d’AQMI ont exécuté un civil répondant au nom de Mohamed Mahmoud Ag Oumar accusé de collaborer avec les forces françaises. Avant que sa tête ne soit accrochée à la foire de la localité de Tichift, située à 120 km au nord de Tombouctou. 

 

Outre cette méthode, les groupes radicaux (Emirat du Sahara, Al-Mourabitoune, Ançar Dine et sa brigade dans le Macina)  procèdent également à des liquidations ciblées des personnes soupçonnées de collaborer avec les forces loyalistes. 

Notre enquête nous a permis aussi de comprendre que la plupart des zones où ces groupes opèrent sont très souvent isolées du reste du pays. D’autant que ce sont aussi des zones où la pauvreté et le chômage, surtout des jeunes, dominent. Avec l’insécurité, le taux de chômage dans ces zones est devenu très élevé. Comme nous le confirme un jeune de Tombouctou, Abdallahi Ag Mohamed, très impliqué dans les questions juvéniles. Selon lui, le chômage est très répandu chez les jeunes de la région qui manquent de perspectives d’avenir. Une situation qui pousse les jeunes à se livrer à des activités criminelles et illégales. Pour lui, deux jeunes sur trois sont au chômage à Tombouctou. 

D’ailleurs, selon une étude menée en 2016 par l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) et le Bureau de Dakar de l'Institut d'Etude et de Sécurité (ISS), intitulée « Jeunes-chômage et radicalisation au Mali », le problème est lié à l’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi. Pour cette étude, la formation professionnelle est très peu valorisée dans la mesure où toute la région de Tombouctou ne compte qu’un seul établissement public professionnel. D’autant que les établissements publics de formation dans le tertiaire (commerce, marketing, la communication d’entreprise etc.) sont inexistants. Alors que ces filières favorisent la prise d’initiative, l’esprit d’entrepreneuriat et l’amorce d’un secteur privé surtout au niveau local. A en croire, les résultats de cette étude menée dans la région de Tombouctou, le manque de perspectives oblige les jeunes à se livrer à des activités criminelles et illégales. 

Selon un entretien réalisé dans le cadre de cette étude, « des jeunes se sont enrôlés dans les groupes terroristes et ont déclenché les hostilités contre l'État, pensant qu’au bout, ils trouveraient des emplois ou d’autres avantages pour faire face aux difficultés quotidiennes de la vie ».  Le cas n’est également pas différent à Mopti, où l’insécurité, empêchant la tenue de toute activité légale, a poussé un grand nombre de jeunes dans les bras des groupes radicaux. D’après les données de 2015 de l’Observatoire national de l’emploi et la formation, une structure relevant du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle au Mali, Tombouctou compte plus de 77% de chômeurs. Dans la région de Mopti, la situation est pratiquement la même, puisqu’avec l’insécurité qui y sévit, l’activité économique tourne au ralenti. Selon un rapport du gouvernement et de ses partenaires publié en 2013, « l’incidence de la pauvreté dans la cinquième région administrative du Mali  était de plus de 47%». Une situation qui accroît le chômage déjà endémique à cause de la chute de l’économie locale.  

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans se taille la part du lion 

Parmi ces groupes radicaux sévissant au Sahel et particulièrement au Mali auxquels nous nous sommes intéressés de plus près, figure le « Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans ». Il s’agit d’une coalition regroupant cinq mouvements djihadistes sous la direction de l’ancien conseiller consulaire malien Iyad Ag Ghali. Ce groupe lors de l’annonce de sa création en mars 2017, a clairement dit qu’il prêtait allégeance à l’Organisation djihadiste Al-Qaïda ainsi qu’à son chef l’Egyptien Aymen Al-Zawahiri. Toutefois, son répondant direct, c’est Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) que dirige l’Algérien Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mosaâb Abdel Woudoud. Ce groupe a de multiples appellations, mais son nom à l’origine c’est « Jamaât Nosrat ul-Islam wa al-Mouslimin » (JNIM). En français, d’aucuns l’appellent « Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans » (GSIM) alors que certains préfèrent l’appeler « Rassemblement pour la victoire de l'islam et des Musulmans » (RVIM). 

Ce groupe dont la naissance a été annoncée au Mali dispose d’une zone d’influence assez large. Celle-ci va de la Mauritanie au Tchad en passant par le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Il a d’ailleurs revendiqué bon nombre d’attaques hostiles dans ces pays regroupés au sein d’une organisation dénommée « G5 Sahel » créée en février 2014. Cet espace constitue la zone d’action privilégiée du JNIM. Ce groupe a installé des branches dans tous ses pays qui sont animées par des collaborateurs locaux, selon des sources qui se sont confiées à nous. D’où certaines attaques menées de façon coordonnée dans ces pays. Au Sahel, la plupart des attaques d’envergure sont commises par ce groupe.  

Parmi les combattants de ce groupe, on retrouve plusieurs nationalités dont des Maliens, des Burkinabè, des Mauritaniens et bien d’autres. De plus en plus, on assiste également à la présence de ressortissants d’Afrique du Nord comme la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et même l’Egypte. Ces combattants ont déjà connu d’autres théâtres d’opération comme la Libye, l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak… Ce sont donc des djihadistes très aguerris. Des sources nous ont aussi révélé la présence dans le Sahel de djihadistes français ayant servi dans les rangs de l’Etat Islamique au Moyen-Orient, après la défaite de cette organisation en Syrie et en Irak. Bien que nos recherches ne nous aient pas permis de corroborer cette information, nous avons quand même eu connaissance d’un djihadiste français du nom de Gille Le Guen avec comme nom de guerre Abdel Jelil, capturé en 2013 au Mali et rapatrié en France où il a récemment fini de purger sa condamnation de 8 ans d’emprisonnement. On se souvient aussi du cas de Ibrahim Aziz Ouattara, un  Franco-malien de 24 ans, arrêté à Sévaré, dans le centre du Mali en 2013 et transféré à Bamako. Il avait exprimé son souhait de rejoindre les rangs des islamistes dans le nord du Mali durant cette période. En septembre dernier, Pierre de Bousquet de Florian, coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme en France affirmait que « 39 djihadistes français » ont quitté la province syrienne d’Idleb pour rejoindre des « wilayat » de l’EI en « en Asie du Sud-Est, en Afghanistan et dans la zone sahélienne ». 

Les armes dont le groupe dispose vont de fusils artisanaux à des mitrailleuses lourdes en passant par des obus de mortier, des roquettes, etc. Mais le type d’arme que les combattants de ce groupe affectionnent le plus ce sont les engins explosifs improvisés (EEI). Pour ce faire, le groupe a même bénéficié du savoir-faire de certains djihadistes venus du Moyen-Orient. Dans son dernier rapport trimestriel paru le 1er octobre dernier, le Secrétaire général de l’ONU indiquait que sur les 62 attaques asymétriques survenues au Mali, durant les trois derniers mois couverts par ce document, 69% étaient perpétrées à travers les engins explosifs improvisés. Outre les militaires, ces armes visent aussi les civils. Toujours selon les Nations Unies, durant le premier trimestre 2019, 48% des victimes de ces EEI étaient des civils. 

Il faut signaler que la plupart des armes dont dispose le JNIM sont issus des stocks des armées que ces combattants vident après les attaques contre les casernes militaires. Ce fut notamment le cas lors de l’attaque qui a visé le camp de l’armée malienne à Boulkessy, dans la nuit du lundi 30 septembre au mardi 1er octobre dernier, où le JNIM, outre le nombre élevé de soldats tués, a aussi mis la main sur une importante quantité d’équipements militaires dont 5 véhicules sur lesquels deux étaient équipés de mitrailleuses 14,5 mm et 12,5mm, 6 DshK, 6 fusils d’assaut, 76 fusils d’assaut, 3 lanceurs RPG-7, 2 mortiers RCL SPG-9, 2 de 60 mm et munitions. Une image de ces équipements militaires emportés par les djihadistes a même circulé sur la toile juste avant leur revendication de l’attaque de Boulikessy et Mondoro dans laquelle ils ont spécifié le type d’armement récupéré. C’est dire que derrière les attaques contre les camps militaires, les stocks d’armes qui intéressent ostensiblement les assaillants du JNIM.

Le téléphone satellite Thuraya très prisé dans la zone  

"Nous nous déplaçons entre les déserts de Gao, dans le nord du Mali et les régions du sud de l'Algérie", nous a déclaré Abderrahim Ansari, nom attribué à l’un des djihadistes âgé d’une trentaine d’année et qui évolue dans les rangs du groupe Al-Mourabitoun, dirigé par l'Algérien, Mokhtar Belmokhtar, l’un des membres fondateurs du JNIM. Notre interlocuteur que nous avons rencontré à Inkhalil, dans la région de Kidal a aussi indiqué que «sur la route, nous rencontrons des personnes en provenance d’autres régions du Mali qui nous donnent des informations et des renseignements que nous transmettons à notre hiérarchie à travers les téléphones satellites Thuraya ».  

A en croire Ansari, «après le resserrement de l’étau sécuritaire par les forces françaises et leurs alliés dans la région depuis 2013, l'utilisation des appareils Thuraya n'est plus sûre. Nous devons de ce fait utiliser des méthodes innovantes pour assurer la communication entre les brigades et le commandement général. Pour ce faire, nous privilégions les moyens humains en sélectionnant de personnes spécialisées dans le transfert d'informations dans différentes zones. Ces personnes collectent les informations qu'ils trouvent et les font passer d'un collaborateur à un autre ». 

Les propos d'Al-Ansari ne sont pas si différents de ceux d’un ancien prisonnier arrêté par l’armée malienne à Gossi, localité relevant de la région de Tombouctou, en 2016. Ce dernier dont nous tairons le nom, rencontré à Tombouctou, a reconnu que le secret des mouvements djihadistes réside dans la transmission de l’information exacte entre les différents bataillons et le commandement général. Ceux-ci sont très souvent informés par des citoyens ordinaires, avant que les informations ne parviennent aux concernés, qui à leur tour, les remontent à la hiérarchie de manière très confidentielle.

De son côté un djihadiste se faisant appelé Ali Al-Masini qui vit à Hombori, avec une présence plus effective dans la forêt de Foulsaré, située à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, estime que les renseignements dont disposent les éléments de la Katiba d’Ançar Dine du Macina pour la planification des attaques sont fournis par la population. En contrepartie, les djihadistes promettent à celle-ci une vie meilleure et un accès plus simplifié à certains services comme l’eau, les soins, la justice, etc. Selon lui, beaucoup de jeunes de la région de Mopti adhèrent à la Katiba du Macina d’Ançar Dine pour se protéger et protéger leurs activités. Il se dit convaincu sur le fait que l’idéologie du radicalisme religieux n’est pas forcément ce qui motive les jeunes à adhérer. Mais avec les temps, il affirme que ces derniers finissent par épouser l’idéologie de ce groupe djihadiste. Des propos corroborés dans l’entretien accordé à Lori-Anne Théroux-Bénoni, directeur du bureau de l’ISS à Dakar par la Plateforme, Science and Development Network (SciDev).

"Si j’étais dans une posture où je pouvais m’exprimer en toute liberté, je vous clarifierai le niveau de collaboration entre certains leaders de groupes signataires présents à Bamako et des chefs djihadistes. Certains parmi eux sont d’un apport inestimable dans l’exécution de nombreuses attaques, même à l’intérieur des villes"

Commentant les résultats d’une étude menée sur la question du radicalisme, celle-ci a indiqué que « l’engagement des jeunes est très rarement le résultat d’un processus d’endoctrinement religieux ». 

Collaboration avec des éléments de mouvements signataires de l’Accord issu du processus  d’Alger 

L’organisation coordonne ses opérations avec la complicité de certains éléments des mouvements armés signataires de l’accord dans la zone. C’est le cas du Mouvement Arabe l’Azawad (MAA) de la Plateforme et le Haut Conseil de l’Azawad (HCUA). Lesquels aident dans le transport des équipements militaires et la pose des engins explosifs piégés, ont indiqué le Groupe d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Mali. 

Dans son rapport publié en début août dernier, ce groupe onusien a indiqué que « la collusion entre le JNIM et le HCUA s’est révélée au grand jour à Talataye, où l’on a assisté à une nette recrudescence d’attaques terroristes contre le seul MSA-D, revendiquées par le JNIM entre février et avril 2019, période pendant laquelle la CMA et le MSA étaient censées partager la zone en vertu de l’accord de réconciliation ». 

Le prisonnier en question auquel nous attribuerons les initiales T. H, se trouvant actuellement à la maison centrale de Bamako, a décrit le rôle important joué par certains collaborateurs dans le transport d’équipements militaires. "Si j’étais dans une posture où je pouvais m’exprimer en toute liberté, je vous clarifierai le niveau de collaboration entre certains leaders de groupes signataires présents à Bamako et des chefs djihadistes. Certains parmi eux sont d’un apport inestimable dans l’exécution de nombreuses attaques, même à l’intérieur des villes". T.H que nous avons rencontré de manière non-officielle, a conclu en indiquant "Malheureusement, seuls les petits poissons sont pêchés facilement, alors que les grands se promènent dans une liberté totale, sans souci ni peur". 

Les déclarations de T.H. sont quasi-similaires à celles faites à plusieurs reprises par le président nigérien Mahamadou Issoufou qui affirmait que c’est avec la complicité de certains dirigeants des mouvements armés de Kidal que les djihadistes mènent des actions sur le territoire nigérien. 

La communication, l’arme fatale des djihadistes

Pour sa part, le chercheur mauritanien spécialisé dans les mouvements djihadistes en Afrique, Abdallah Bah, a déclaré que les mouvements djihadistes du Sahel africain communiquaient entre eux par le biais d'une stratégie étroite associant certains mouvements armés revendiquant leurs droits dans les pays voisins comme le Mali et le Niger par exemple.

Toujours selon ce chercheur mauritanien, "les mouvements djihadistes dépendent des peuples et cela est très clair dans leurs discours qui s’adressent en premier lieu à la population locale. Ce qui les aide également à transférer des informations ainsi que les fonds. Ce qui pourrait répondre à la question posées par certains de savoir comment les groupes djihadistes se procurent autant de ressources, bien qu’ils ne disposent pas de territoire entièrement sous leur contrôle".
Notre interlocuteur a indiqué que le transfert de fonds se fait par le biais d'un service régulier appelé localement [hawala]. Une méthode de transfert d'argent par l'intermédiaire de personnes. En d’autre terme quelqu'un vous donne un montant dans un pays et vous indique comment le faire parvenir à une tiers personne dans un autre pays sans aucune taxe ni traçabilité.

La prise d’otage, autre moyen pour ces groupes de se faire des sous

Certes, de plus en plus le paiement de rançons aux djihadistes pour la libération d’otages se fait rare. Toutefois, cela peut toujours représenter une grande source de mobilisation de fonds par les djihadistes au Sahel. On se souvient de cette enquête réalisée par le magazine « New York Times » fin juillet 2014, faisant état d’un montant de 125 millions de dollars que Al-Qaïda et ses groupes affiliés au Sahel auraient gagné depuis 2008 grâce au commerce des otages

Il y a de moins en moins d’otages occidentaux au Sahel, comme par le passé. Une situation due en grande partie que cette zone est toujours classée dans le rouge. Mais, il en existe encore dont la captivité remonte à deux ou trois ans. Lesquels sont entre les mains du JNIM. Il s’agit entre autres de L’Australien Ken Elliott, enlevé le 15 janvier 2016 à Djibo, au Burkina Faso, le Roumain Iulian Gerghut, enlevé le 18 mai 2015 à Tambo, au Burkina Faso, la Suissesse Béatrice Stockly, enlevée le 7 janvier 2016 à Tombouctou, la Colombienne Gloria Cecilia Narvaez Argoti, enlevée le 7 février 2017, à Koutiala, au sud du Mali, et la Française Sophie Pétronin, enlevée le 24 décembre 2016, à Gao, au Mali. Aux côtés de ceux-ci, le JNIM détient également en otage de nombreux militaires issus des armées des pays du Liptako Gourma à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Au Mali, notamment le JNIM a annoncé l’enlèvement de plusieurs militaires lors de différentes attaques dont la dernière est celle perpétrée le 1er octobre dernier, à Boulkessy où le commandant du camp militaire et d’autres soldats sont toujours portés disparus.   

C’est en 2015 que les gouvernements des pays du G5 Sahel à savoir: la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad, ont mûri l’idée d’une force militaire conjointe pour lutter contre les groupes terroristes et la criminalité transfrontalière. Une décision qui a sans doute poussée les mouvements djihadistes évoluant dans le même espace géographique à se donner la main pour coordonner leurs actions. Ce, à travers le « Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans », constitué de cinq mouvements connus dans la région (Ansar Eddine, l'émirat du Sahara, Al-Mourabitoune, la Katiba du Macina, AQMI). Ces mouvements ont désigné Iyad Ag Ghali, comme leur chef, en raison de sa connaissance du Sahel et son expérience en tant que meneur de nombreuses rébellions armées dans le Nord du Mali qui l’ont conduit à la signature d’accords dans les années 90avec les autorités maliennes à la suite de quoi il sera nommé au  Consulat général du Mali à Djeddah en Arabie saoudite, avant de fonder en 2012 le groupe djihadiste Ansar Dine et prêter allégeance à AQMI. C’est dire que c’est un homme à plusieurs facettes qui dirige l’un des groupes les plus redoutables au Sahel, car ayant revendiqué la majorité des attaques qui s’y produisent. Un homme qui bénéficie aussi de solides liens sociaux et familiaux dans la zone. Si les partenaires du Mali écartent toute possibilité de discuter avec lui, tel n’est pas le cas pour bon nombre de Maliens qui pensent que l’Etat devrait engager des négociations avec lui afin que les armes se taisent au Mali. En tout état de cause, d’aucuns espèrent que son abandon de cette lutte armée pourrait constituer un tournant décisif dans le djihadisme au Sahel, particulièrement au Mali.