La CENOZO est solidaire avec tous les journalistes d'Afrique de l'Ouest qui, dans le cadre de leur travail, font face à des menaces de mort, à des poursuites judiciaires et à d'autres violations de leurs droits.

Aujourd'hui, nous pensons particulièrement Ahmed Hussein Suale, de Tiger Eye Media du Ghana, abattu par des hommes armés inconnus le 16 janvier 2019. À ce jour, les auteurs de cet acte ne sont pas traduits devant la justice. Nous lançons un appel pressant au Gouvernement ghanéen pour qu’il prenne toutes les dispositions pour que le meurtre de Suale ne soit pas inscrit sur la liste des journalistes assassinés en toute impunité en Afrique de l’Ouest.

Nous sommes solidaires de notre membre du Bénin, Ignace Sassou, qui est actuellement confronté à des obstacles judiciaires, au sujet d’un article publié par la CENOZO sur le projet West Africa Leaks du 21 mai 2018.

Nous exprimons également notre solidarité avec les familles de feu Norbert Zongo (Burkina Faso) assassiné le 13 décembre 1998), de Deyda Hydra (Gambie) abattu en décembre 2004, de Dele Giwa (Nigeria) tuée par un colis piégé en octobre 1986. La justice n’est pas encore faite dans ces trois cas.

Pour commémorer la Journée mondiale de la liberté de la presse, la CENOZO participe, aux côtés d’autres acteurs  rassemblées à Addis-Abeba en Éthiopie pour célébrer cette journée mondiale.

La CENOZO reconnaît de légères améliorations dans l'environnement de travail des journalistes d'investigation dans certains pays de la région. L'Afrique de l'Ouest a également connu une forte croissance du nombre de journalistes d'investigation, comme en témoigne la forte demande d’adhésion à notre organisation la CENOZO.

Le Conseil d'administration de la CENOZO réitère son engagement auprès de ses membres à plaider davantage en faveur d'un environnement de travail amélioré et de mécanismes de sécurité pour les journalistes d’investigation.

En dépit de ces améliorations et de la reconnaissance universelle des libertés de la presse, les journalistes d'investigation de plusieurs États membres de la CEDEAO et de la Mauritanie continuent de vivre dans la peur des représailles et de l'intimidation. Pire encore, ils sont confrontés à de graves problèmes de sécurité et de sûreté; arrestations et détentions arbitraires; torture; agression et même la mort.

Considérant que le travail des membres de la CENOZO contribue à améliorer la transparence, la bonne gouvernance et à mettre en lumière les violations des droits de l'homme dans les États membres de la CEDEAO; considérant que le travail des médias est reconnu dans les instruments relatifs aux droits de l'homme de la région, aux niveaux international et national,la CENOZO demande à la Commission de la CEDEAO d’ exhorter ses États membres à:

  • Veiller à ce que les lois, les politiques et les pratiques soient compatibles avec les obligations et les engagements internationaux existants en matière de sécurité des journalistes;
  • Abroger les peines privatives de liberté en matière de délits de presse comme prescrit dans les cadres régionaux, continentaux et internationaux;
  • Enquêter sur les crimes, y compris les meurtres, les arrestations et détentions arbitraires, les actes de torture et autres violations des droits de l'homme perpétrés contre des journalistes;
  • Soutenir le projet de résolution sur la sécurité des journalistes qui est proposé pour l’adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies à la fin de 2019.

Depuis 1993, le 3-Mai est commémoré chaque année pour célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse; Évaluer les états de la liberté de la presse mondiale; être solidaire avec et défendre les médias des  attaques contre son indépendance; et rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l'exercice de leurs métier.