Dans le cadre l’enquête sur la tyrannie du riz en Afrique de l’Ouest, CENOZO s’est entretenue avec sa secrétaire permanente, Maïmounata Ouédraogo.

Dans un contexte où la production locale croît d’année en année, en même temps que les importations et la consommation de cette denrée, Maïmounata Ouédraogo a rappelé le rôle de son organisation qui est “d’œuvrer pour une production en quantité et en qualité du riz au Burkina et pour la défense des intérêts des producteurs tant au niveau national qu’international”.

Selon elle, la capacité de production des producteurs de riz du Burkina est estimée à 350 000 t de riz par an. Quantité insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins des populations du Pays des hommes intègres qui s’estiment à plus de 500 000 t en 2017, selon Mme Ouédraogo.

La part de marché des producteurs burkinabè

Sur l’ensemble de la consommation du riz, la part de l’UNPR-B n’est pas très grande. “C’est surtout l’approvisionnement des cantines scolaires qui nous revient”, affirme Mme Ouédraogo. “Actuellement c’est le seul marché officiel, le plus grand, que nous avons”, ajoute-t-elle.

Certaines idées reçues veulent que le riz local burkinabè soit de moindre qualité que celui importé. Pour la secrétaire permanente de l’UNPR-B,  “il y a 10 ans de cela, le riz burkinabè contenait beaucoup d’impuretés, certes. Mais aujourd’hui avec l’intervention de l’Etat, des partenaires techniques et financiers, des organismes nationaux et internationaux, les acteurs de la filière ont beaucoup amélioré la qualité de leur riz”, reconnaît-elle.

Mais selon elle, la qualité du riz local ne souffre d’aucun débat de nos jours, situation résultante des multiples formations et renforcements de capacités des producteurs.

“Nous sommes restés très longtemps dans les importations de riz”

Pour monter la qualité du riz burkinabè par rapport à celui importé d’Asie en général, la secrétaire permanente de l’Union des producteurs de riz ne manque pas d’arguments: “Dans nos magasins, si vous cherchez un riz de 6 mois vous ne  pouvez pas le trouver. Mais le riz qui nous vient de l’étranger peut être un riz qui date de 10 ans. De ce fait, ce riz n’a plus toute sa qualité nutritive. Il y en a qui disent que le riz produit au Burkina ne gonfle pas. Je leur dit qu’un riz neuf ne pas gonfle. A partir du moment où, il a encore toutes ses qualités nécessaires à une bonne nutrition, il ne peut pas gonfler. Mais le riz importé est sec, très sec, donc il suffit de 2 ou 3 bols pour nourrir toute une famille de 10 personnes, mais sans aucune qualité nutritionnelle. C’est un choix entre qualité et quantité. Le riz burkinabè est de meilleure  qualité par rapport riz importé”.

Un retour progressif à la consommation locale

Si le riz produit au Burkina n’occupe pas la première place dans les assiettes des Burkinabè, c’est en partie parce que “nous sommes restés très longtemps dans les importations de riz”, explique la SP de l’UNPR-B. “Ce qui fait que les Burkinabè, qui ont pris l’habitude pendant une vingtaine voire une trentaine d’années de consommer du riz importé, ont aujourd’hui du mal à passer au riz local”, poursuit Maïmounata Ouédraogo.

Avec l’UNPR-B et les différents programmes de soutien à la production locale, il y a de plus en plus de personnes qui s’intéressent au riz produit au Burkina. “C’est le fruit d’un travail de longue haleine qui s’étale de l’approvisionnement en intrants à la facilitation à l’accès aux crédits, aux équipements et à la participation aux cadres de concertation”, lâche Mme Ouédraogo. “Nous avons foi qu’un jour notre riz pourra occuper la première place, car nous avons confiance en ce qui se fait actuellement par les autorités de notre pays, par notre gouvernement, par les acteurs de la filière riz, par les ONG, les organismes nationaux et internationaux”, convainc-t-elle.