C’est la prestigieuse Inspection générale des finances (Igf) qui a mené l’enquête et livré ses conclusions à sa tutelle, le ministère de l’Economie.

Commis par Birahime Seck, coordonnateur du Forum civil (branche sénégalaise de Transparency International), l’ouvrage tente de démontrer comment 36 milliards de francs Cfa ont été exfiltrés des comptes bancaires du Programme des domaines agricoles et communautaires à travers un jeu de signatures au plus haut sommet de l’Etat.

Les trois principaux acteurs cités dans cette affaire sont:

Khadim Bâ, patron de Locafrique, institution ouest-africaine de crédit-bail choisie pour la conduite financière du programme;

Amadou Bâ, en charge de l’Economie, des Finances et du Plan (Mefp), « parrain financier de Khadim Bâ » et « artisan de la convention de financement criminelle », selon l’auteur du document. Il est la cheville ouvrière du Plan Sénégal Emergent (Pse) depuis l’arrivée de Macky Sall au pouvoir.

Mame Mbaye Niang, à l’époque des faits ministre de la Jeunesse, « au cœur du dispositif contractuel et auteur exclusif de l’ordre de service illégal générateur de paiements frauduleux ». Un des plus jeunes membres du gouvernement sénégalais, réputé très proche et fidèle de la première dame Marième Faye Sall.

Aux premiers jours de l’affaire, il annonce sa démission du poste de ministre du Tourisme pour « laver l’affront » en portant plainte contre le site www.impact.sn qui a mis en ligne l’article l’incriminant. Mais en conseil des ministres, le président Sall lui enjoint de rester à son poste. Pour lui, “l’affaire est classée”.Les autres acteurs sont : l’Israélien Daniel Pinhasi dont la société Green 2000 est attributaire du marché du Prodac ; Jean-Pierre Senghor, ancien coordonnateur du Prodac, et Mamina Daffé son successeur ; la Direction centrale des marchés publics (Dcmp), l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp)…