En 2012, alors que les villes du nord du Mali tombent une à une entre les mains des rebelles indépendantistes et djihadistes, des centaines de soldats de l’armée régulière “avaient retourné leur veste”. Simples soldats, Officiers ou Sous-officiers, certains avaient rejoint la rébellion, d’autres les groupes terroristes. Un troisième lot avait simplement choisi de s’exiler dans les pays voisins après le coup d’Etat de 2012, qui a marqué une profonde déchirure au sein de l’armée. 

Mais depuis, un Accord de paix a été signé entre les groupes armés et l’Etat malien. Dans sa mise en œuvre, Bamako a lancé, mi-janvier dernier, un appel aux déserteurs pour réintégrer l’armée nationale mise à l’épreuve des attaques djihadistes dans le nord du pays.

Une initiative qui a porté ses fruits, puisque des militaires environ 900 militaires sont revenus renforcer les rangs des forces maliennes, selon des sources sécuritaires. Le 11 février, sur les 400 militaires du rang, sous-officiers et officiers enregistrés, 208 étaient sur place pour entamer leur recyclage. 

« Je suis convaincu que nous sommes en train d’aller vers un bon chemin. Je suis convaincu que c’est une retrouvaille dont notre pays a besoin aujourd’hui et je suis convaincu que ce pays-là aujourd’hui a besoin de tous ses fils», a lancé le Colonel Alassane Ag Mehidi, ancien déserteur. « Nous nous sommes portés volontaires pour revenir et reprendre nos places au sein de l’armée en vue de l’aider à se reconstituer, à la rendre forte, efficace et faire face à tout obstacle qui atteindra à l’intégrité territoriale du Mali», explique ainsi l’officier.

Au sein de l’armée, la hiérarchie rassure quant à la prise de dispositions idoines pour réussir le recyclage. Selon le chef d’Etat-major général des armées, M’Bemba Moussa Keïta, «c’est un pas important. Nous nous félicitons de ce pas aujourd’hui qui est un pas décisif dans la mise en œuvre de l’Accord». 

Cependant, la réintégration de ces centaines de militaires ne se fera pas sans conditions. Bien au contraire. «Chacun d’eux a un dossier administratif dans lequel, il est précisé son ancienneté de service, l’ancienneté de son grade et tout ce qu’il y’a comme droit en 2012», précise le président du Comité d’intégration à l’armée malienne, le général Gabriel PoudiougouSelon lui, «les revenants seront reclassés de 2012, l’année de départ à janvier 2019, la période de retour».

Cette situation n’est pas une première au Mali, car dans le passé, d’anciens déserteurs avaient déjà réintégré l’armée dans le cadre des différents accords de paix avant de rejoindre à nouveau le camp adverse aux premiers affrontements. 

En attendant l’enregistrement a déjà commencé. 18 officiers sont logés à l’école de la Gendarmerie de Bamako, les sous-officiers hébergés à Markala à 255km de la capitale malienne et les militaires de rang à Ségéla à 60km de Kayes, en 1ère région du Mali.